Réaction à la protection du Centre Psychiatrique Universitaire St-Kamillus

Le 8 octobre dernier, l’ASBL Les Frères de la Charité a reçu la notification officielle d’un Arrêté Ministériel signé par le Ministre Geert Bourgeois, qui reprend presque tout le site du Centre Psychiatrique Universitaire St-Kamillus à Bierbeek comme monument à protéger sur un projet de liste.

Le démarrage de la procédure de protection pour presque tout le site est assez surprenant, parce que les instances compétentes (section monuments et sites, aménagement du territoire, municipalité de Bierbeek, inspection de la Communauté Flamande, ...) sont parvenues il y a un certain temps au consensus de faire protéger seulement l'axe central et un nombre (une grande partie) des pavillons sis hors de cet axe. Ce consensus était la conséquence d'une étude de faisabilité. Aussi bien la propriétaire des bâtiments (l'ASBL Les Frères de la Charité), l'exploitante (l'ASBL Provincialat des Frères de la Charité) que la direction du CPU St-Kamillus pouvaient se déclarer d'accord avec cela en raison de, d'une part, la conservation d'un patrimoine précieux et d'autre part, le fait de pouvoir démolir des bâtiments difficilement adaptables en combinaison avec la mise en place de bâtiments modernes en harmonie avec l'infrastructure protégée.

Les conséquences du démarrage de cette procédure de protection créent déjà à court terme des problèmes sévères. Tous les plans d'investissement pour réaliser le plan de masse du centre psychiatrique sont bloqués complètement pour au moins une année et au maximum une année et demie. Concrètement il s'agit de la démolition d'un pavillon qui doit faire place à un service A (et T) nouveau. 

A moyen et à long terme une protection éventuelle hypothéquera lourdement le développement futur du centre psychiatrique. Dans les bâtiments actuels il est impossible de développer à long terme des soins psychiatriques modernes. Nous n'avons pas besoin d'un musée de la psychiatrie, mais bien d'un hôpital qui est fonctionnel. En outre, nous courons le risque de perdre partiellement ou même complètement l'agrément (335 lits et places d'hôpital et 70 lits de maison de soins psychiatriques avec plus de 600 membres du personnel) par les pouvoirs publics en raison de bâtiments inadaptés. En outre, le maintien d'un patrimoine protégé tellement gigantesque coûtera des tas d'argent aussi bien de la communauté (les pouvoirs publics flamands, la province et la commune) que de l'hôpital.

L'ASBL Les Frères de la Charité déposera maintenant en première instance une objection contre la protection. Nous espérons que la procédure ne connaîtra pas un déroulement très lent, de façon à créer rapidement de la clarté et de la certitude juridique dans ce dossier.  

Raf De Rycke

08-10